« Vous ne pouvez pas entrer en réunion, j’ai déjà apporté le café »

J’avais une réunion de prévue dans un cabinet ministériel en Belgique. En arrivant devant le local que l’on m’avait indiqué, un homme en sort et me dit:

« Vous ne pouvez pas entrer, une réunion va commencer. »

Je lui ai donc répondu que j’étais au courant, et que je venais justement pour cette réunion. Lui, surpris:

« Ah ! Non vous pouvez y aller, c’est déjà fait. Je viens d’apporter le café. »

J’étais juste la jeune femme qui allait présider la réunion, car responsable budgétaire des projets dont nous allions débattre. Il faut croire que les caractéristiques « femme » et « 26 ans » étaient uniquement compatibles avec le service du café.

Un Ministère wallon

“T’as pris des seins”

Florilèges de quelques remarques entendues par un élu dont j’étais la collab :

« Oh dis donc, t’as pris des seins »

« Je vais avoir besoin que tu m’aides à me détendre… »

« Quand est-ce qu’on se cale un rdv pour se pécho ? »

« C’est pour moi cette nouvelle petite jupette ? Si tu t’habilles comme ça c’est bien pour qu’on te le dise, non ? »

Une collectivité territoriale

« C’est dangereux d’être seul avec vous dans cet ascenseur »

Un jour, comme tant d’autres, je rentre dans l’ascenseur dans lequel se trouve déjà un député et après m’avoir déshabillée du regard de la tête aux pieds, il me dit : « c’est dangereux d’être seul avec vous dans cet ascenseur ».

Stupéfaite, je reste quelques instants sans voix puis je réalise que je veux/dois répondre, ne pas laisser passer ça. Dès lors, afin de gagner du temps et trouver quelque chose à dire, je lui demande de répéter. Ce qu’il fait, sans sourciller et sûr de son fait, sa remarque en y ajoutant que c’est dangereux parce que je pourrais très bien l’accuser de tout et n’importe quoi.

Ayant pu reprendre mes esprits et passablement agacée par le fait qu’il ose répéter et argumenter ; j’ai retrouvé un peu de ma répartie et lui ai répondu très fermement que s’il se tenait tranquille tout se passerait bien mais qu’effectivement, s’il s’avisait de se comporter n’importe comment, les choses se passeraient très mal pour lui et iraient très loin. Il fut assez surpris et n’a plus rien dit mais je ne suis pas sûre qu’il ait bien compris à quel point sa remarque était déplacée, sexiste, etc.

Ascenseur du 101 rue de l’Université [Assemblée Nationale ndlr], entre le 7e et le RDC

« J’ai déjà pris le risque de recruter une femme ! »

Récemment nommée directrice générale adjointe à 26 ans dans une petite ville, le maire me reçoit et me dit, après m’avoir exposé ses objectifs de mandat:  » j’espère que tu n’as pas l’intention de faire un petit, avec tes responsabilités, ce n’est pas compatible (oui les maires ça vous tutoient quand vous vous lui donnez du « vous »).  » Face à ce qui devait être une mine outrée (la mienne), il reprend : « Je suis bien obligé de te dire ça ! J’ai pas de temps à perdre ! J’ai déjà pris le risque de recruter une femme !  »

Mairie d’une petite ville

Blagues salaces et recette de cuisine

C’est une histoire qui a duré plusieurs mois, pendant lesquels un député, qui est très ami avec le député qui m’emploie, venait constamment dans le bureau et racontait des blagues salaces, faisait des commentaires sur telle ou telle femme. J’ai dès le départ dit que ça me posait problème, et ce député a donc trouvé très drôle d’en rajouter. Mon patron, ainsi que mon collègue, qui étaient présents quasiment à chaque fois, ne rentraient pas dans le jeu de ce député, mais me répondaient que c’était de la simple provocation et qu’il ne fallait pas que je m’énerve. Que d’ailleurs c’était parce que je m’énervais qu’il en rajoutait. Ce député m’a dit que j’étais « un chat » (il n’aurait jamais donné un nom d’animal à UN collaborateur), il m’a déposé une recette de cuisine sur mon bureau… Tout ça a cessé net le jour où, n’en pouvant plus, j’ai envoyé un sms à mon employeur lui disant que s’il ne parlait pas à son pote, j’allais l’afficher sur les réseaux sociaux. Depuis, j’entretiens des rapports cordiaux avec ce député, mais je n’oublie pas les mois de pression que j’ai subi. Je n’en ai jamais reparlé à mon patron et à mon collègue, mais je n’oublie pas non plus que s’ils avaient dit stop dès le départ, les choses auraient été bien plus faciles pour moi.

 

Assemblée nationale

Noyer le poisson

C’était il y a plus de 20 ans. Un secrétaire d’état, marié, père de famille, de gauche, après une rude journée législative, dans le restaurant d’un grand hôtel. Il me tend un papier avec le numéro de sa chambre. Agacée, je jette le papier dans un grand aquarium de poissons rouges derrière moi. Toute la soirée, le numéro a flotté voletant entre les poissons. ça faisait loupe ! Les convives regardaient le numéro sans comprendre. Je fixais mon donateur les yeux dans les yeux : il ne les a pas baissé. Il souriait, très sûr de lui : il a pensé sans doute que je viendrais quand même.

Je me souviens encore du numéro. Je l’utilise parfois dans mes codes secrets repoussoirs.

Au sortir d’un marathon législatif à Matignon

Amante de cabinet

Directrice de cabinet d’un maire, une adjointe, alors que nous étions en désaccord me lance devant quelques élus :

“Alors, après le maire qui sera ton prochain amant ?”

Je me suis effondrée, tellement je trouvais ces propos insultant pour les femmes…

Le maire et moi-même avons pris ces propos avec mépris, néanmoins ils sont courants ….

Mairie

La mignonne du 4ème

stagiaire

Il y a quelques années, je faisais un stage dans un établissement d’une collectivité territoriale. Un matin, je me suis retrouvée dans l’ascenseur avec deux élus. Lorsque je suis rentrée, ils ont échangé un regard, sourire en coin, m’ont toisée de bas en haut, et m’ont demandé dans quel service je travaillais. Je leur ai dit que j’étais stagiaire.

L’un des deux a sifflé.

L’autre s’est esclaffé « Ouuuuh, pourquoi nous on a pas des petites stagiaires comme ça la haut? Y en a qui ont de la chance »

Malaise. J’ai souri poliment.

Le plus gênant, c’est qu’ils sont repassés ensuite à mon bureau, avec d’autres collègues à eux, pour me « présenter ». A aucun moment mon travail ou la raison pour laquelle j’étais là n’ont été mentionnés, je n’étais pour eux que « la stagiaire mignonne du 4ème »

Collectivité territoriale

Les bonnes blagues sur Baupin

Voici une des remarques entendues lors de la publication de l’affaire Baupin :

Mon patron député rentre dans le bureau et me demande si aujourd’hui c’est déplacé de me dire que je suis habillée sexy. Il sait que je ce genre de blague ne fait pas franchement rire, d’ailleurs il ne m’en fait jamais. Mais ce jour-là, visiblement il fallait que ça sorte.

Que dire aussi de cet autre député qui, lors d’une réunion, passe derrière une rangée de collaboratrice, en mettant ses mains ostensiblement derrière son dos et en disant « je ne veux pas être accusé de harcèlement ».

 

Assemblée nationale