J’ai qu’à la prendre sur mes genoux…

J’ai dû prendre une voiture un jour avec plusieurs parlementaires. Au dernier moment, quelqu’un avait dû se rajouter, bref, il manquait une place.

Et là, un sénateur dit en me regardant « c’est pas grave, j’ai qu’à la prendre sur mes genoux »…

Malheureusement, je suis convaincue de la bienveillance de cet homme politique, qui pensait me faire un compliment. Sauf que non, ce n’est pas un compliment, c’est sexiste. Il ne l’aurait pas dit à un homme.

En voiture

Pas plus loin que le bout de mon nez !

Je suis collaboratrice et il y a quelques mois, j’ai organisé une conférence de presse à l’Assemblée nationale.

Un type était en charge de centraliser les informations autour de cette conférence.

Très stressé, tous ses (nombreux) appels se terminaient invariablement par « tu pourras me faire ceci… tu es mignonne » – son ton et les petits surnoms qu’il me donnaient avaient déjà tendance à m’agacer.

Le jour de la conférence de presse, devant tout le monde, il s’est retourné vers moi et m’a dit, en me caressant le bout du nez « ben tu vois, elle est très bien cette conférence, c’était pas si dur! » Puis il a fait volte-face et il est parti en ricanant.

Je me suis sentie comme une vieille chaussette abandonnée au bord de la route, sous les regards réprobateurs de mes congénères qui devaient me trouver très nulle de ne rien avoir trouvé à répondre.

 

Salle des conférences de presse,  Assemblée nationale

« Mais … qui va rentrer faire à manger ? »

Il y 3 ans, je postulais auprès d’une députée. Je suis reçue par elle et son directeur de cabinet, haut placé dans l’échelle du parti politique qu’il représente.

Je leur annonce que mon compagnon travaille lui aussi à l’Assemblée (tout comme plusieurs amis, pour mettre en avant mon réseau).

Question du directeur de cabinet : « Mais… qui va donc rentrer faire à manger ? Qui fera les courses si vous travaillez au même endroit ? »

Je suis devenue rouge pivoine. Et je n’ai même pas été prise.

A l’Assemblée nationale

Droit de cuissage

En circonscription, un déjeuner est organisé avec un élu local et moi-même.

Je me rends en transport en commun dans le périmètre de ce fameux élu et le laisse donc choisir le lieu du déjeuner. Jusque là rien de bien particulier, le déjeuner est un moment normal pour se rencontrer.

Le problème se pose alors quand il s’arrête à un Motel et pense que, souriante et bien habillée comme je l’étais toujours à chaque fois que je le rencontrais dans le cadre de mes fonctions, il paraissait plus adéquat et normal d’avoir une confidence sur l’oreiller. Autrement dit, droit de cuissage avant le travail …

Face à mon refus la réponse ne fût pas moins étonnante : “tout les grands élus le font et ne sont pas inquiétés mais moi je ne suis pas encore assez élevé dans la hiérarchie alors s’il te plait ne dit rien.”

In fine je n’avais pas de preuves autres que mon témoignage, il avait bien raison, je ne pouvais rien dire …

En circonscription

Réduite à un physique

J’étais en train de faire visiter notre magnifique lieu de travail à quelques personnes venues spécialement de notre circonscription. Nous venions justement d’aborder la question du sexisme en politique quand nous avons rencontré le député pour qui je travaille en pleine discussion avec un autre député que je ne connaissais absolument pas.

Tout le monde se serre la main puis mon patron me présente comme sa collaboratrice et voici la réaction de son collègue :

– C’est donc vous ! Je m’attendais à un mannequin mais c’est encore mieux ! Allez je vous fais la bise ! Il avait, bien sûr, déjà commencé à s’approcher de moi pour me redire bonjour plus « chaleureusement », je bouillonnais intérieurement.

 

Assemblée nationale

« Tu as pris au moins deux tailles de poitrine »

Lors d’un déjeuner entre quelques députés accompagnés de quelques collaborateurs et collaboratrices. L’ambiance est détendue, tout le monde se connaît bien. L’un des députés me lance, de l’autre côté de la table : « il t’a réussit ce voyage, tu as pris au moins deux tailles de poitrine »… en louchant sur mes seins.

Je me suis sentie bête, j’ai rigolé avec les autres, pensant que si je n’avais pas mis de décolleté ça ne me serait pas arrivé.

J’aurais dû lui répondre…
Assemblée nationale

« C’est pas sexiste, c’est juste une remarque »

pas-sexisteUn matin, où le soleil est au rendez-vous, je me permets de sortir une robe de mon placard : en politique, nous les femmes, nous savons que cela attire bien trop souvent les remarques.

Alors que je passe devant une terrasse, je croise un élu que je connais bien, et il me lance : « Bah dis donc, c’est plus court que d’habitude ?! (accompagné d’un petit sourire en coin).

Moi, je m’offusque en lui disant « Mais c’est sexiste comme remarque ?! Ça se fait pas ! »

et lui… s’offusque encore plus (quoi ? moi sexiste ?!) : « Mais non, ce n’est pas sexiste, je remarquais juste que ta robe est plus courte que d’habitude ».

Bref, une histoire parmi tant d’autres qui nous rendent mal à l’aise…

 
Terrasse de café

Potiche de tribune

Lors d’une commission exécutive, on m’a demandé de siéger à la tribune avec d’autres élus. J’ai vite compris que c’était parce qu’il n’y avait pas de femme et que cela faisait tâche !

A aucun moment je n’ai pu prendre la parole et cerise sur le gâteau, au moment d’aller voter, mon voisin me dit  » tu peux y aller ma cocotte »… Comme quoi il y a encore du boulot en 2016
Lille

« Vous pouvez recoudre le bouton de ma chemise? »

Jeune administratrice (de l’une des deux assemblées), j’étais en déplacement à l’étranger avec une délégation de parlementaires. Mon travail consiste à rédiger des notes (contexte politique du pays, enjeux économiques, etc.) et des interventions pour les élus.

Le premier matin, le Président de la délégation m’interpelle (devant tous ses collègues) au petit-déjeuner : « mademoiselle, le bouton de ma chemise s’est cassé. Pourriez-vous me le recoudre ? »

Aurait-on posé cette question à un collègue masculin ?
En déplacement