Tout est bon dans le cochon

Je suis en déplacement en Afrique avec un élu communal (qui pourrait devenir maire d’une commune de 15 000 habitants).
Mes collègues et partenaires m’ont bien prévenue avant : « bichonne ton élu pour qu’il ait envie de s’investir dans ce dossier et qu’il soit le moins dégouté par les conditions d’accueil ». Je suis la seule femme de la mission. Tout repose sur mes épaules (logistique, animation des réunions). Partie malade et affaiblie par la chaleur insupportable, je m’impose la mission d’être « agréable » avec lui et supporte poliment (« bichonne ton élu / bichonne ton élu / bichonne ton élu ! ») pendant 10 jours la promiscuité et ses phrases misogynes ou racistes. Souvent les deux à la fois. Deux à trois par jour en moyenne. Et une bonne douzaine le dernier jour, où je me retrouve seule avec lui avant de prendre l’avion du retour. Quand je subis une conversation sur ces expériences de sites pornos extrêmes, je réoriente poliment la conversation sur la traite des femmes et notamment la prostitution. Par exemple, celle des jeunes étudiantes qui se prostituent pour financer les études. Ce à quoi il réplique fièrement « heureusement qu’il y a des jeunes qui se prostituent pour que des gros cochons comme moi en profitent ! ». Une phrase parmi tant d’autres du même genre : « l’hôtesse de l’air, la blondasse, a une mine réjouie ; à mon avis elle vient de se faire sauter par un collègue », ou « tu peux montrer tes seins comme les filles du pays, ça ne va pas nous gêner ! », ou « je n’ai pas peur des araignées ; heureusement car ma femme ne porte pas de culotte quand elle dort »… Dans l’histoire, j’ai eu la chance de recevoir le soutien sans faille de tous mes collègues informés des faits. Aucun n’a minimisé la situation, ni excusé son attitude, ni supposé que j’avais ma part de responsabilité à ne pas avoir osé le remettre à sa place …
Bien sûr, je m’en suis voulue de ne pas avoir répliqué, moi qui ai pourtant beaucoup de répartie. J’avais peur qu’en répliquant, je montre mon talon d’Achille et qu’on me « taquine » en me racontant des histoires salaces tout du long du voyage.

En déplacement en Afrique

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