la finesse du poignet, mon cher !

jolie

Assistante à la direction d’un grand parti politique, de nombreuses figures de la vie publique passent, avant ou après une réunion, se « relaxer » dans mon bureau et bavarder (avec ou sans moi d’ailleurs, la machine à café étant dans mon bureau, c’est un lieu de passage fréquent).

Ce jour-là, je travaille sur un meeting important. Deux élus entrent sans s’annoncer et me regardent, sans pour autant m’adresser la parole :  » Elle est jolie » commence le premier, « l’important ce sont les poignets, continue le second, tu peux juger de la beauté d’une femme par la finesse de ses poignets ».

J’ai compris qu’il avait vu le biopic sur Ray Charles, en passant.

Je n’ai pas réagi, j’étais jeune et impressionnable. Ils sont repartis en souriant, toujours sans une salutation.
Un parti politique

Candidate aux législatives…

Je rencontrai hier deux représentants d’un parti dont les idées politiques sont proches de celles que je défends. Face à moi, deux hommes de plus de 50 ans, blancs, en politique depuis bien avant ma naissance.

L’un d’eux s’est vu désigner par le groupe de sa ville comme potentiel candidat pour les législatives (sans concertation avec les autres de la circonscription).

Je suis accompagnée par un camarade de mon âge. J’ai été désignée comme candidate par l’ensemble de la base de la circonscription de mon groupe, et reconnue comme telle par les instances nationales.

Malgré mes prises de paroles, malgré le fait que je regardai mes interlocuteurs dans les yeux, et leur posai des questions, d’après vous, à qui ces deux messieurs ont ils jugés bon de s’adresser ?

A la candidate, officiellement investie ?

….

Non. A mon camarade. Dont l’excroissance a décidément un pouvoir d’invisibilisation extrêmement fort.