C’est son assistante !

Le député pour lequel je travaille me donne régulièrement le numéro de téléphone de personnes à appeler pour rechercher une information. Invariablement, lorsqu’il s’agit d’une femme, il me précise « C’est son assistante ».

Il s’avère qu’il s’agit en fait d’une cheffe de cabinet de ministre, d’une responsable des relations presse ou d’une collaboratrice d’élu…

la finesse du poignet, mon cher !

jolie

Assistante à la direction d’un grand parti politique, de nombreuses figures de la vie publique passent, avant ou après une réunion, se « relaxer » dans mon bureau et bavarder (avec ou sans moi d’ailleurs, la machine à café étant dans mon bureau, c’est un lieu de passage fréquent).

Ce jour-là, je travaille sur un meeting important. Deux élus entrent sans s’annoncer et me regardent, sans pour autant m’adresser la parole :  » Elle est jolie » commence le premier, « l’important ce sont les poignets, continue le second, tu peux juger de la beauté d’une femme par la finesse de ses poignets ».

J’ai compris qu’il avait vu le biopic sur Ray Charles, en passant.

Je n’ai pas réagi, j’étais jeune et impressionnable. Ils sont repartis en souriant, toujours sans une salutation.
Un parti politique

Candidate aux législatives…

Je rencontrai hier deux représentants d’un parti dont les idées politiques sont proches de celles que je défends. Face à moi, deux hommes de plus de 50 ans, blancs, en politique depuis bien avant ma naissance.

L’un d’eux s’est vu désigner par le groupe de sa ville comme potentiel candidat pour les législatives (sans concertation avec les autres de la circonscription).

Je suis accompagnée par un camarade de mon âge. J’ai été désignée comme candidate par l’ensemble de la base de la circonscription de mon groupe, et reconnue comme telle par les instances nationales.

Malgré mes prises de paroles, malgré le fait que je regardai mes interlocuteurs dans les yeux, et leur posai des questions, d’après vous, à qui ces deux messieurs ont ils jugés bon de s’adresser ?

A la candidate, officiellement investie ?

….

Non. A mon camarade. Dont l’excroissance a décidément un pouvoir d’invisibilisation extrêmement fort.

Sexisme au delà des frontières

Aujourd’hui, racontant à des collègues que je dois participer ce midi à un repas avec le député pour qui je travaille et un représentant d’une association professionnelle, j’entends : « Un repas… Dans un petit hôtel ? ».

Croyant avoir mal compris, je poursuis l’air de rien et j’entends alors, un peu plus fort : « Donc ils t’offrent le repas et puis après… ». Et de voir alors l’auteur de ces deux remarques me regarder avec un sourire en coin et un regard lubrique.

Malheureusement, étant trop habituée à ces remarques déplacées de la part de ce collègue, je n’ai pas réagi… Et aucun de mes collègues présents non plus.

Une assemblée législative étrangère

« Tu as un cul qui attire la main ! »

Il y a plusieurs années maintenant, je travaillais en tant que collaboratrice dans le cabinet d’un Maire.

Le photocopieur se trouvait dans un local assez étroit qui servait aussi de couloir de desserte pour plusieurs bureaux.

Passant derrière moi qui était en train de photocopier des documents, un Directeur de service (qui avait l’âge de mon père) revient sur ses pas et me dit : « Petite, tu as un cul qui attire la main » (sans toutefois joindre le geste à la parole).

J’étais toute jeune, mais pas la langue à la poche.

Je me suis retournée et je lui ai dit : « et toi, c’est ta gueule qui attire la main » …

ma collègue plus âgée qui avait son bureau juste à côté a éclaté d’un rire tonitruant.

le directeur en question est parti sans demander son reste et n’a jamais plus fait de réflexion de ce genre lorsqu’il venait me voir !

Mairie de 20 000 habitants

« Promotion canapé ? »

– « Belle et en plus intelligente, à ce poste c’est incroyable… promotion canapé ? avec qui ? »

Je ne réponds rien

– “J’aimerais bien sauter la réunion pour… vous avez compris ? ”

J’ai rétorqué : “non c’est impossible, la politique de la chaise vide n’est pas acceptable.”

– …ah ! on verra ça après alors” (sûr de lui en me tournant le dos et repartant fier de lui).

 

Réunion internationale en Afrique

 

 

 

Réunion internationale en Afrique

Jeune et jolie

jeune-et-jolie

Promue à de nouvelles fonctions à 25 ans au Sénat, je fais le tour des directeurs de service pour me présenter. Je rencontre l’un d’entre eux, la soixantaine, et lui dis « Bonjour Monsieur le Directeur ». Évidemment, il ne me répond pas en m’appelant par mon titre mais par mon prénom et ajoute « On m’avait dit que vous étiez aussi jeune que jolie, je ne pensais pas à ce point ».

Cela fait cinq ans que je regrette de ne pas avoir répondu « Paul* , on m’avait également dit la même chose de vous ».

Sénat

*Ndlr : Anonymisation par le collectif Chair collaboratrice.

« C’est toi pour le film de boules ? »

20 ans, jeune, pleine d’entrain et d’envies de réussir dans ce monde « d’hommes » je suis stagiaire « bénévole » à l’Assemblée nationale.

On me demande d’accueillir à 19h des gendarmes, dont certains haut placés à l’accueil pour les conduire au Bureau de mon Député.

L’un d’entre eux me dit, sans « Bonsoir » évidement- « C’est toi pour le film de boules ? ».

Prise de cours, je me suis dit « Allez ! envoie- le chier »!

J’ai tendu la main façon Chirac, et comme mon nom de famille est le même qu’un ministre en fonction à ce moment, j’ai dit « Bonsoir, Madame XX » en lui serrant la main avec autant de poigne que je le pouvais. Il a changé de tête.

 

Assemblée nationale

« Tu remarqueras que je ne dis rien … »

En deuxième année d’un cursus en sciences politiques après un cursus en classes préparatoires, je voulais découvrir les mécanismes politiques et administratifs à l’oeuvre dans une mairie. J’avais alors 19 ans à l’époque, et je travaillais avec le directeur de cabinet pour lancer une campagne de sensibilisation au bilan de mi-mandat du maire.

J’avais été présentée à tous les adjoints comme il est de coutume lorsque quelqu’un est intégré à une nouvelles équipe. J’avais été présentée par le directeur de cabinet à l’adjoint à la culture lorsque nous l’avions croisé par hasard dans le couloir. Après avoir été dévisagée et scrutée de la tête aux pieds par ce dernier (plus vieux, en surpoids, avec un oeil qui dit merde à l’autre), celui-ci se tourne vers le directeur de cabinet en lui lançant un libidineux « tu remarqueras que je ne dis rien »… « Et bien… ne dis rien alors… » lui a-t-il répondu.

Honteuse, je suis restée muette.

Plus tard en réunion, ce même adjoint s’est amusée d’avoir vu une femme qui avait trébuché au pied d’une attraction mise en place dans le centre de la ville, confessant qu’on « voyait bien ses cuisses » lorsqu’elle est tombée. Silence gêné et désapprobateur qui n’étouffe malheureusement pas son rire gras.

« Non mais tu comprends, il est un peu comme ça mais il a tellement fait pour la culture dans cette ville ». Ah…et pour l’égalité des genres du coup? Ce n’était pas un pilier de notre programme au fait?

En Mairie