« Pas possible, vous bossez pas le mercredi »

Il y a une bonne douzaine d’années, catégorie A en direction centrale on me confie un gros projet informatique. Je rédige les spécifications. Puis je règle les détails de production et arrive la période de test avant lancement.
Je rédige les scenarii à tester pour voir si l’application fonctionne. Et puis les tests sont lancés. J’ai tout bonnement été écartée de toute la phase tests utilisateurs, correction de l’application suite aux tests et lancement officiel de l’application car….à l’époque j’étais en temps partiel le mercredi pour m’occuper de mon enfant de 3 ans qui avait des difficultés d’intégration à l’école.

A la place, on a fait appel aux 2 jeunes hommes de mon service à qui « on a confié le relais » dixit mon chef de bureau. Qui m’avait gentiment balancé avant  » ah mais les tests pour vous…Pas possible vous ne bossez pas le mercredi. Entre bosser et rester tranquilos chez soi, il faut choisir, vous avez choisi. » Quand je lui ai dit que j’irai voir un syndicat il m’a répondu « pas de soucis vous verrez vous allez adorer le placard. »

« Il faut toujours se méfier avec elles »

De passage aux toilettes avant une réunion de travail en mairie, j’entends à travers la fine cloison mon hôte – à la tête de l’agglomération – dire :

 » Bon elle est arrivée la petite jeune ? J’espère qu’elle n’a pas pris une voiture de l’agglo, je ne sais pas où elles ont leur permis mais il faut toujours se méfier avec elles ! »

Cette personne à la tête de l’agglomération est une femme. J’ai eu honte.

Rien de tel qu’une femme pour faire le ménage

Jeune collaboratrice d’une Députée très investie sur la question de l’égalité femmes-hommes, je suis la seule femme de son équipe de collaborateurs. Devant recevoir une association le lendemain mais faisant face à la pagaille régnant depuis quelques jours dans son bureau, devinez auxquels de ses collaborateurs elle a jugé bon de s’adresser pour « faire un peu le ménage » ?

Bingo, son unique collaboratrice.
Un remerciement spécial à mes deux collègues qui ont choisi de rester avec moi ce soir là pour m’aider, se rendant compte, eux, du caractère paritaire de ce genre de missions.

« Avec un si joli visage… »

Jeune journaliste, je me rends à l’Assemblée Nationale afin de recueillir le témoignage de certains élus, pour un reportage indépendant. Mes amis et moi attendons la sortie des députés, je tends mon micro en demandant à l’un d’entre eux son avis sur la loi dont ils viennent de discuter. Celui-ci, assez jeune, passe à côté de moi sans répondre à ma question. Un de mes camarades le rattrape rapidement et je m’avance ; il me sourit salement en s’excusant, car, je le cite : « Ma jolie, avec un visage comme le votre, vous pourriez me demander n’importe quoi que je vous répondrai seulement sur le plan personnel ».
Perplexe, je lui explique que je ne comprends pas et reformule clairement ma question : « Vous êtes bien trop belle pour faire de la politique, c’est un monde de mâle et vous n’êtes qu’une petite innocente. Soit vous couchez, soit vous sombrez. Bonne chance pour la suite, en espérant vous recroiser ! »

Sous le choc de cette réponse, les larmes me montent directement aux yeux. Il s’éloigne sur un dernier sourire, je finis par quitter l’Assemblée, le coeur en peine.

Il y a des progrès à faire, et c’est mal barré…

C’est son assistante !

Le député pour lequel je travaille me donne régulièrement le numéro de téléphone de personnes à appeler pour rechercher une information. Invariablement, lorsqu’il s’agit d’une femme, il me précise « C’est son assistante ».

Il s’avère qu’il s’agit en fait d’une cheffe de cabinet de ministre, d’une responsable des relations presse ou d’une collaboratrice d’élu…

la finesse du poignet, mon cher !

jolie

Assistante à la direction d’un grand parti politique, de nombreuses figures de la vie publique passent, avant ou après une réunion, se « relaxer » dans mon bureau et bavarder (avec ou sans moi d’ailleurs, la machine à café étant dans mon bureau, c’est un lieu de passage fréquent).

Ce jour-là, je travaille sur un meeting important. Deux élus entrent sans s’annoncer et me regardent, sans pour autant m’adresser la parole :  » Elle est jolie » commence le premier, « l’important ce sont les poignets, continue le second, tu peux juger de la beauté d’une femme par la finesse de ses poignets ».

J’ai compris qu’il avait vu le biopic sur Ray Charles, en passant.

Je n’ai pas réagi, j’étais jeune et impressionnable. Ils sont repartis en souriant, toujours sans une salutation.
Un parti politique

Candidate aux législatives…

Je rencontrai hier deux représentants d’un parti dont les idées politiques sont proches de celles que je défends. Face à moi, deux hommes de plus de 50 ans, blancs, en politique depuis bien avant ma naissance.

L’un d’eux s’est vu désigner par le groupe de sa ville comme potentiel candidat pour les législatives (sans concertation avec les autres de la circonscription).

Je suis accompagnée par un camarade de mon âge. J’ai été désignée comme candidate par l’ensemble de la base de la circonscription de mon groupe, et reconnue comme telle par les instances nationales.

Malgré mes prises de paroles, malgré le fait que je regardai mes interlocuteurs dans les yeux, et leur posai des questions, d’après vous, à qui ces deux messieurs ont ils jugés bon de s’adresser ?

A la candidate, officiellement investie ?

….

Non. A mon camarade. Dont l’excroissance a décidément un pouvoir d’invisibilisation extrêmement fort.

Sexisme au delà des frontières

Aujourd’hui, racontant à des collègues que je dois participer ce midi à un repas avec le député pour qui je travaille et un représentant d’une association professionnelle, j’entends : « Un repas… Dans un petit hôtel ? ».

Croyant avoir mal compris, je poursuis l’air de rien et j’entends alors, un peu plus fort : « Donc ils t’offrent le repas et puis après… ». Et de voir alors l’auteur de ces deux remarques me regarder avec un sourire en coin et un regard lubrique.

Malheureusement, étant trop habituée à ces remarques déplacées de la part de ce collègue, je n’ai pas réagi… Et aucun de mes collègues présents non plus.

Une assemblée législative étrangère